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Facturation électronique : dates et calendrier

9 octobre 2026 · Par Mickaël Z.

Votre fournisseur de boissons ne vous enverra plus sa facture en pièce jointe. Un message arrive, annonce que les prochaines passeront par une plateforme, et qu’un identifiant vous sera demandé. Rien d’alarmant, jusqu’à ce que deux autres fournisseurs annoncent la même chose la même semaine, que votre comptable demande où déposer les fichiers reçus, et que personne, dans l’entreprise, ne sache qui répond.

La facturation électronique n’est plus un projet à l’horizon. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, y compris les micro-entreprises, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. La question n’est donc pas de savoir si la réforme vous concerne : elle porte sur ce que vous devez déjà tenir, et sur ce qui vous attend à l’échéance suivante.

Ce qui est déjà obligatoire depuis le 1er septembre 2026

Deux obligations distinctes ont démarré à cette date, et les confondre fait perdre du temps. La réception s’impose à toutes les entreprises assujetties à la TVA, sans exception de taille : l’administration précise que le régime de la franchise en base reste dans le champ, comme les entreprises qui délivrent des factures sans TVA. L’émission, au contraire, est échelonnée : seules les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent déjà émettre l’intégralité de leurs factures au format électronique. Le détail du calendrier, y compris pour les entreprises en franchise de TVA, se lit sur le calendrier officiel de la réforme, Outre-mer compris.

Autrement dit, beaucoup d’entreprises guadeloupéennes sont déjà dans le dispositif sans l’avoir décidé, parce que leurs fournisseurs ont basculé avant elles. Ce déséquilibre est normal : la réception est l’affaire de tous, l’émission suit la taille. Il explique aussi pourquoi le sujet remonte par les fournisseurs plutôt que par l’administration, sous la forme d’un mail poli qui annonce un changement d’habitude.

Le champ est plus large qu’on ne le croit. Il couvre les opérations entre entreprises assujetties à la TVA établies en France, les acomptes correspondants, et les ventes aux enchères publiques de biens d’occasion, d’œuvres d’art, d’objets de collection ou d’antiquité. Un artisan qui travaille pour un autre professionnel est donc dedans, même si ses propres clients sont des particuliers.

Ce que la réforme change dans une journée ordinaire

Le premier changement n’est pas technique, il est visible au bureau. Une facture fournisseur n’arrive plus au fond d’une boîte mail : elle arrive sur un espace, avec une notification, et un statut qui indique où elle en est dans le circuit de transmission. Ce détail change le travail de celui qui suit les dépenses. Une facture rejetée, une facture en litige, une facture transmise mais non payée ne se cherchent plus dans un fil de discussion.

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Le deuxième changement tient au format. La facture n’est plus l’image d’une facture, c’est un fichier structuré dont les données se lisent sans ressaisie. C’est ce qui permet à l’outil de votre client de l’intégrer directement dans sa comptabilité. Un PDF joint à un mail, aussi propre soit-il, ne rend pas ce service : il faudra quelqu’un pour recopier les lignes.

Le troisième changement est une question d’intermédiaire. Les factures circulent par une plateforme agréée par l’État, soit directement, soit au travers d’une solution compatible. La nuance compte, parce qu’elle trompe : un logiciel de facturation, comptable, métier ou de caisse peut être présenté comme compatible sans être immatriculé par l’administration. Il doit alors obligatoirement recourir à une plateforme agréée pour transmettre les factures et les données attendues par l’administration fiscale. La liste des plateformes agréées est publique, et le guide pratique de l’administration sur la facturation électronique sert de référence avant toute signature.

2027 : l’échéance de l’émission

Pour une PME ou une micro-entreprise, l’obligation d’émettre arrive au 1er septembre 2027. Un an. Cela paraît confortable, et c’est précisément le piège : ce qui prend du temps n’est pas de choisir une plateforme, c’est de la raccorder à ce qui produit vos factures, puis de tester sur de vraies pièces, y compris les cas tordus, un avoir, une facture d’acompte, un client qui conteste une ligne.

L’outil qui produira vos factures

Votre logiciel actuel sait-il produire un format structuré, et par quelle plateforme passe-t-il ? Les éditeurs communiquent des calendriers variables, parfois optimistes. La bonne question n’est pas de demander si l’éditeur est prêt pour la réforme, mais à quelle date, avec quelle plateforme, et sur laquelle de vos propres factures il peut le démontrer. Si la réponse reste floue, le moment est venu de comparer logiciel du marché et développement sur mesure plutôt que de reconduire un abonnement par habitude.

Raccorder plutôt que ressaisir

À côté de l’outil de facturation, il y a la circulation de l’information dans l’entreprise. Une facture émise déclenche souvent autre chose : un bon de livraison, une intervention à planifier, une échéance à suivre. Quand ce qui suit la facture se fait à la main, la conformité coûte deux saisies au lieu d’une. C’est le point où raccorder votre facturation à une application métier fait gagner plus de temps que la réforme n’en fait perdre. Ce que la réforme impose, réception et émission comprises, est résumé par le ministère dans ce que la réforme change, réception et émission comprises.

La Guadeloupe est concernée, ce n’est pas le cas partout

C’est un point qu’on nous demande souvent, et il mérite une réponse nette. Les opérateurs établis en Guadeloupe sont concernés par la facturation électronique et par la transmission des données à l’administration, la TVA étant applicable dans ce département. Il en va de même pour la Martinique et pour La Réunion.

La liste des territoires qui restent hors du dispositif surprend souvent, et elle est longue : la Guyane, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis-et-Futuna et les Terres australes et antarctiques françaises. Une entreprise guadeloupéenne qui travaille avec un client de Guyane, ou une entreprise guyanaise qui facture en Guadeloupe, se retrouve donc dans une situation asymétrique. Ce genre de configuration se règle au cas par cas, avec son comptable, avant l’échéance et non pendant. Les repères de départ pour une petite structure sont regroupés dans le guide France Num destiné aux TPE et PME.

Conserver dix ans, sans boîte mail transformée en archive

Recevoir une facture électronique, c’est aussi devoir la présenter plus tard. Les livres et registres comptables, comme les pièces justificatives, bons de commande, bons de livraison, factures clients et fournisseurs, se conservent dix ans à partir de la clôture de l’exercice. Un dossier mal rangé ne se voit pas au moment de l’encaissement, il se voit le jour d’un contrôle ou d’une réclamation.

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Ce n’est pas une raison pour transformer une boîte mail en archive. Une boîte mail ne classe rien, ne trace aucun accès et disparaît avec la personne qui la tenait. Trois gestes suffisent à tenir le socle : un espace unique où les factures reçues se déposent, une copie ailleurs que sur le poste de travail, et une règle écrite sur qui dépose quoi. Notre façon de sauvegarder et archiver vos factures dans la durée part de ces trois gestes, pas d’un catalogue de fonctionnalités.

Les questions à poser avant de choisir une plateforme

La comparaison des plateformes agréées se perd vite dans les listes de fonctions. Trois questions suffisent à écarter les mauvaises surprises :

  • Que se passe-t-il si je veux partir ? Demandez une exportation complète de vos données sur un compte d’essai, avant de signer.
  • À partir de quand mon mode de facturation actuel passera-t-il au format attendu, et sur quel document puis-je le vérifier ?
  • Qui répond au téléphone quand une facture est rejetée un vendredi après-midi ?

Un numéro national d’assistance existe par ailleurs pour les questions de calendrier et d’obligation : le 0 806 807 807, service gratuit, plus le prix de l’appel. Il ne remplace pas l’accompagnement d’un projet, mais il évite de payer une prestation pour une question de date.

Ce que la conformité ne règle pas

Une entreprise peut être parfaitement en règle et rester invisible. La réforme ne change rien à la manière dont un client vous trouve, compare deux prestataires et décide de vous appeler. Pour beaucoup de structures, passer au numérique pour la facturation est l’occasion de faire le ménage dans les outils et dans les contenus, et d’y gagner autre chose que la conformité. Si votre visibilité locale est le sujet qui vous préoccupe en même temps, il vaut mieux le traiter comme un chantier à part, avec renforcer votre visibilité auprès des clients locaux comme point de départ.

Par où commencer cette semaine

Deux actions valent mieux qu’un plan de vingt pages. La première : ouvrir votre logiciel de facturation et chercher la page qui parle de la réforme. Si elle n’existe pas, vous avez votre réponse. La deuxième : appeler les deux fournisseurs les plus importants et demander, en clair, sous quelle forme leurs factures vous parviendront à partir du mois prochain.

Rien de tout cela ne demande de budget pour être tranché. Le calendrier est public, l’obligation de réception court déjà, et l’échéance d’émission de 2027 laisse juste le temps de tester sans précipitation. Si vous préférez poser vos dates et vos priorités avant de choisir un outil, vous pouvez échanger sur votre calendrier de conformité : nous partons de votre facturation réelle, et il nous arrive de dire qu’il n’y a rien à changer.

Questions fréquentes

Toutes les entreprises doivent-elles recevoir des factures électroniques depuis septembre 2026 ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises établies en France et assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, quelle que soit leur taille, y compris les micro-entreprises et les entreprises en franchise de TVA. Ce n'est pas une obligation réservée aux structures déjà équipées, ni une question de chiffre d'affaires.

Quand une TPE ou une micro-entreprise devra-t-elle émettre ses factures au format électronique ?

À partir du 1er septembre 2027. L'obligation d'émission a démarré en septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire, et s'applique aux PME et aux micro-entreprises un an plus tard. Comme il faut choisir une plateforme, raccorder son outil et tester sur de vraies factures, la préparation se fait avant cette date.

Un PDF envoyé en pièce jointe à un mail est-il une facture électronique ?

Non, pas au sens de la réforme. Le format attendu est un format structuré, lisible par une machine, dont le type le plus répandu est Factur-X. Un PDF classique envoyé par mail ne permet pas à l'outil de votre client de traiter la facture sans ressaisie, et il ne circule pas par le circuit prévu.

Les entreprises de Guadeloupe sont-elles concernées par la réforme ?

Oui. Les opérateurs établis en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion entrent dans le champ de la facturation électronique et de la transmission de données à l'administration, la TVA étant applicable dans ces départements. Ce n'est pas le cas de la Guyane, de Mayotte, de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy ni des collectivités du Pacifique.

Combien de temps faut-il conserver les factures électroniques reçues ?

Dix ans à partir de la clôture de l'exercice, comme les autres pièces justificatives de la comptabilité. Cela suppose un endroit où les fichiers se retrouvent, et pas une boîte mail où l'on fait défiler des pièces jointes. Les documents sur lesquels l'administration peut exercer son droit de contrôle se conservent six ans.

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Mickaël Z.

Dirigeant d'Innotech IT aux Abymes. Accompagne les TPE et PME antillaises dans le passage aux outils numériques imposés par la loi, sans jargon et sans migrer pour rien.

Article publié le 9 octobre 2026. Dernière mise à jour : août 2026.